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« Toi et moi, on ne vit pas sur la même planète »

Expositions« Toi et moi, on ne vit pas sur la même planète »

Du 6 novembre 2021 au 4 avril 2022

Lieu(x) : Auditorium Wendel , Forum , Galerie 2 , Studio
Catégorie : Expositions

En 2020, le sociologue et philosophe des sciences Bruno Latour était invité avec le commissaire d’exposition Martin Guinard à imaginer la Biennale de Taipei sur l’île de Taïwan. Le projet, intitulé « You and I don’t live on the same planet » (« Toi et moi, on ne vit pas sur la même planète ») questionnait les conflits liés à la question écologique et a réuni 57 artistes, collectifs et intervenants. Présenté entre novembre 2020 et mars 2021 au Musée des Beaux-Arts de Taipei, il était complété par des ateliers et programmes publics orchestrés par Eva Lin. Si le succès a été considérable auprès du public local, la pandémie mondiale a empêché la biennale d’avoir le retentissement international qu’elle aurait dû susciter, les frontières taïwanaises étant restées fermées pendant la durée de l’événement.

Face à cette situation et devant l’actualité brûlante du sujet, le Centre Pompidou-Metz invite de manière exceptionnelle la Biennale de Taipei 2020 et ses commissaires à investir ses espaces entre novembre 2021 et avril 2022, pour une réitération d’une partie de l’exposition, mettant à l’honneur la scène taïwanaise et les propositions des artistes formulées pour cette biennale.

Comme l'affirment les commissaires : « Si nous vous demandions, sur quelle planète vous vivez, vous pourriez trouver la question bizarre et la réponse évidente : la Terre ! Et pourtant, ce n'est pas la même chose de vivre comme les Modernes qui utilisent les ressources de six planètes et de vivre dans les limites d'une seule, fragile et limitée.

Dans un contexte où les démocraties connaissent une montée des populismes et où les dictatures présentent des menaces de plus en plus pressantes, notre hypothèse est que le changement climatique ne sera pas simplement une question parmi d'autres mais risque d’encadrer la discussion politique toute entière. Et les désaccords sont de plus en plus nombreux sur la manière de garder le monde habitable, non seulement parce que les opinions politiques divergent, mais surtout parce que nous ne semblons pas être d'accord sur ce dont la terre est faite. Certains pensent même aujourd'hui que le monde est plat !

C'est comme s'il existait plusieurs versions de la Terre, avec des propriétés et des capacités si différentes qu'elles sont comme des planètes distinctes. Leur attraction gravitationnelle influence énormément la façon dont vous vous sentez, la façon dont vous vous comportez et, bien sûr, la façon dont vous prévoyez votre avenir. »

Le défi que souhaite relever cette biennale, à travers le travail des artistes, architectes ou scientifiques invités, est de rendre visibles ces différentes conceptions, ces différentes réalités, afin que le visiteur prenne la mesure de la transformation de ce qui était autrefois présenté comme un ensemble de questions périphériques, en un ensemble de luttes politiques plus urgentes et plus tragiques que jamais.

« Où atterrir ? » « Sur quelle planète vivons-nous ? » « Qui suis-je ? » ; telles sont les questions que Bruno Latour continue à explorer à travers la Biennale de Taipei 2020 et au Centre Pompidou-Metz désormais. Elles sont au cœur de ce qu’il nomme le « nouveau régime climatique ». En abordant la question d’une manière géopolitique, les commissaires espèrent mettre en place de nouvelles rencontres diplomatiques. Pour cela, quel meilleur endroit qu’un espace d’exposition, puisque c’est précisément la question de l’espace qui nous divise si profondément ?

Créée en 1992 par le Taipei Museum of Fine Arts, la Biennale de Taipei s’est imposée comme un événement artistique majeur en Asie, et ses dernières éditions se sont orientées vers les problématiques environnementales.

Commissariat
Bruno Latour et Martin Guinard, avec Eva Lin.

 

Exposition conçue et produite par le Taipei Fine Arts Museum pour la Biennale de Taipei 2020 et adaptée par le Centre Pompidou-Metz. Avec le soutien exceptionnel du ministère de la Culture de Taïwan et en partenariat avec le Centre culturel de Taïwan à Paris.

Bruno Latour est professeur émérite, associé au médialab et à l’École des arts politiques (SPEAP) de Sciences Po Paris. Depuis janvier 2018, il est enseignant au ZKM (Zentrum für Kunst und Medien) et professeur à la Hochschüle für Gestaltung (HfG), tous deux situés à Karlsruhe (Allemagne). Membre de plusieurs académies, il est titulaire de six doctorats honoraires et a reçu, en 2013, le prix Holberg. Il a écrit et publié plus d’une vingtaine de livres et plus de cent cinquante articles. Parmi les principales expositions dont il a été nommé commissaire, on peut citer «Iconoclash : Beyond the Image Wars in Science, Religion, and Art», avec Peter Weibel (2002), «Making Things Public : Atmospheres of Democracy» (2005) et «Reset Modernity !» (2016). Les catalogues de ces trois expositions sont publiés par MIT Press. Il est membre du comité chargé du commissariat de l’exposition en cours du ZKM, «Critical Zones : Observatories for Earthly Politics».

Martin Guinard est commissaire d’expositions et est en charge de la programmation des conférences et des publications à Luma Arles. Il a travaillé sur plusieurs projets interdisciplinaires portant sur la mutation écologique. Au cours de ces dernières années, il a collaboré avec Bruno Latour pour divers projets internationaux, dont «Reset Modernity !» (2016), au Zentrum für Kunst und Medien (ZKM), ainsi que pour la réitération du même projet sur deux plateformes de travail dans des contextes géographiques différents : la première en Chine, «Reset Modernity ! Shanghai Perspective», dans le cadre du Projet Shangai 2017; la seconde en Iran, «Reset Modernity ! Tehran Perspective» (commissariat: Reza Haeri), à la Fondation Pejnam et à l’Institut d’histoire des sciences de l’université de Téhéran, en 2019. Il est commissaire d’une exposition actuellement en cours au ZKM, «Critical Zones : Observatories for Earthly Politics».

Eva Lin est une commissaire d’expositions indépendante installée à Taïwan. Elle est la commissaire des programmes publics de la Biennale de Taipei. Parmi les projets récents pour lesquels elle a assuré le commissariat, citons «Parallax: Damage Control» (2017), «The Hidden South» (2018), «The Upcoming Past» (2019), «Ryoji Ikeda Solo Exhibition» (avec Jo Hsiao, 2019) et la 7e Exposition internationale des arts vidéo de Taïwan – ANIMA (avec Wei Yu, 2020). Elle est actuellement directrice du mt.project.



Aluaiy Kaumakan (Taïwan)
Antonio Vega Macotela (Mexique)
Cemelesai Takivalet (Taïwan)
Chang Yung-Ta (Taïwan)
Chen Yin-Ju (Taïwan)
Cui Jie (Chine)
Femke Herregraven (Pays-Bas)
Fernando Palma Rodríguez (Mexique)
Franck Leibovici and Julien Seroussi (France)
Frédérique Aït-Touati (France)
Hamedine Kane, Stéphane Verlet-Bottéro with Olivia Anani and Lou Mo (Sénégal, Mauritanie, France, Bénin, Canada)
Huang Hai-Hsin (Taïwan)
James T. Hong (Taïwan / États-Unis)
Jean-Michel Frodon and Rasha Salti (France / Liban)
Jean Katambayi Mukendi (Congo)
Jonas Staal (Pays-Bas)
June Balthazard and Pierre Pauze (France)
Liu Chuang (Chine)
Marianne Morild (Norvège)
MILLIØNS / Zeina Koreitem & John May (États-Unis / Liban)
Nomeda & Gediminas Urbonas (Lituanie)
Su Yu-Hsin (Taïwan)

Mécène fondateur :

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Exposition conçue et produite par le Taipei Fine Arts Museum pour la Biennale de Taipei 2020 et adaptée par le Centre Pompidou-Metz
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Avec le soutien exceptionnel du ministère de la Culture de Taïwan
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En partenariat avec le Centre culturel de Taïwan à Paris
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