Meyerhold et Eisenstein: l’avant-garde russe et le montage des attractions

Rencontres / conférencesMeyerhold et Eisenstein: l’avant-garde russe et le montage des attractions

Jeudi 13 février 2020 à 18h30

Lieu(x) : Auditorium Wendel
Catégorie : Rencontres / conférences
Discipline : Conference
Tarif : Entrée libre dans la limite des places disponibles.
Public : Tout âge
Durée : 60'
  Béatrice Picon-Vallin

Moscou, début des années 1920. Sergueï Eisenstein est étudiant puis « laborantin" chez le metteur en scène Vsevolod Meyerhold . Un public nouveau né de la révolution a envahi les théâtres. Il s’agit donc de s’adresser à lui de façon efficace, de le toucher, de l’intéresser, de frapper son imagination, de capter son attention. Pour Meyerhold comme pour Eisenstein le problème essentiel au théâtre (comme plus tard au cinéma) est le spectateur que Meyerhold a très vite défini comme "le quatrième créateur" . Le montage des attractions (ou le montage d’attractions ) est une formule proposée, théorisée et réalisée par Sergueï Eisenstein en 1923 à partir de sa connaissance du théâtre et de sa pratique théâtrale multiforme , profondément liée à l’Octobre théâtral proclamé par Meyerhold et à la FEX (Fabrique de l’acteur excentrique). Est attraction selon Eisenstein "tout moment agressif" dans un spectacle, qui soumet le spectateur "à une action sensorielle ou psychique, calculée mathématiquement ». C’est un numéro autonome qui vient des formes mineures du théâtre — théâtre de foire, variétés— que l’avant-garde porte aux nues, du balagan que Meyerhold a théorisé dans son livre Du théâtre (1913) qu’Eisenstein a lu et relu. On comparera les réalisations scéniques du Maître et de l’élève et on s’interrogera sur l’efficacité recherchée, calculée, construite, dans le montage de attractions.