La nuit m'enveloppe

CinémasLa nuit m'enveloppe

Dimanche 10 mars à 16:00

Lieu(x) : Auditorium Wendel
Catégorie : Cinémas
Tarif : 5€
Gratuit pour les titulaires du PASS-M
Public : Tout âge

Que le film soit fiction, document ou abstraction, qu’il représente le monde en plein soleil ou la nuit, dans la pénombre d’une ville ou d’une forêt, le cinéma a forcément, par nature, par contrainte technique, ce lien avec l’obscur . Écriture de lumière lorsqu’on le fait pencher vers le théâtre ou la littérature ; plasticité de la peinture lorsqu’on le fait pencher vers la représentation pure des caractères, des formes et des objets.
Rendez-vous pour cinq séances de projection accompagnées par une présentation, ayant toutes en commun l’évocation de la nuit. Quittant les sentiers battus, ces films, de toutes époques, courts ou longs métrages, classiques ou raretés, œuvres historiques ou vidéos d’artistes émergents, seront des expériences uniques qui suivent la déambulation proposée dans l’exposition.

En partenariat avec les associations Ciné Art et L'œil à l'écran

Logo CinéArt Logo Oeil a l'ecran

 

Films projetés :

Luciano Emmer, Belle de nuit 1997 | 28’
La Galerie Borghese est l’un des plus beaux musées de Rome, au cœur du grand parc de la Villa Borghese. En 1997, après quatorze ans de fermeture pour une rénovation complète, elle ouvre à nouveau au public. C’est à cette occasion qu’il est proposé à Luciano Emmer de réaliser un film. Il a alors l’idée de se mettre en scène, lui le vénérable réalisateur de films sur l’art depuis les années quarante et auteur de savoureuses comédies néo-réalistes. Il nous convie à une visite privée, de nuit, lorsque tout est endormi : une déambulation à la lumière d’une lampe torche dans les salles désertes, une découverte pleine d’émotion d’œuvres immenses, tout cela accompagné par la grande culture d’un homme qui a consacré sa vie à l’art.

Luciano Emmer (1918-2009) est un réalisateur italien qui s’est fait connaître dans les années quarante avec ses films sur l’art (il est considéré comme l’ « inventeur » du genre). À partir de 1950, il tourne également des longs métrages relevant du néo-réalisme, avec notamment le scénariste Sergio Amidei (Dimanche d’Août en 1950 et Paris est toujours Paris en 1951 avec Marcello Mastroianni). Il fait alors tourner les plus grand(e)s comédien(ne)s (Lucia Bose, Vittorio de Sica, Marina Vlady, Lino Ventura), collabore avec Pasolini (La fille dans la vitrine, 1960). Il tourne jusqu’à la fin de sa vie, alternant films sur l’art et longs métrages de fiction (Le flame del Paradis, 2006)

Maya Deren, The Very Eye of Night 1959 | 15'
Cette « étude chorégraphique pour caméra », est considérée comme une  des premières vidéo-danses. Les corps en mouvement, retravaillés en négatif et superposés pour apparaître comme débarrassés de toute gravité terrestre, flottent  au plus prés d’une constellation étoilée. Cette expérimentation cinématographique se débarrasse de toute narration, préférant frôler l'onirique, voire l'hallucination, celle que le sommeil appelle avant d'être profond.
Personnalité majeure du cinéma expérimental américain des années 1940, Maya Deren réalise de nombreux courts métrages d'inspiration surréaliste et psychanalytique.

Ange Leccia, La Déraison du Louvre 2005 | 15’
Le Musée du Louvre désert, après sa fermeture, de nuit : une jeune femme (Laetitia Casta) se déplace parmi les œuvres, sculptures, peintures, les frôle, s’en éloigne, dans un ballet que la caméra provoque, de l’obscurité à la lumière furtive, accompagné par la musique et les sons « disruptifs » de Frédéric Sanchez. Images de l’art, grains de peau, traces, rapprochements et éloignements. Rien sur les œuvres, leur appartenance, leur histoire, leur technique, leur auteur : pas de propos sur l’art autre que ce que provoque la confrontation (l’œuvre, le corps, la caméra), c’est à dire la sensualité, l’émotion esthétique et une certaine interrogation sur notre rapport à l’art, aujourd’hui, dans un musée.
Ange Leccia est un artiste plasticien et vidéaste né en 1952 à Minerviu en Corse. Ancien pensionnaire de la Villa Medicis, il est présent dans les collections de nombreux musées internationaux (New York, Paris, Hiroshima) ; il travaille également à la scénographie de spectacles (du chanteur Christophe, un ballet de Merce Cunningham). En 2009, il réalise un long métrage, La nuit bleue.  

Jean-François Lesage, Un Amour d’été 2015 | 63’

« Un amour d'été » est un documentaire de création et et non pas une grande enquête nocturne en été sur le Mont Royal à Montréal. Jean-François Lesage le dit lui-même : « J'avais envie de constuire un monde et de camper une atmosphère comme on le fait en fiction, mais à partir de vraies personnes, de vraies conversations et de vrais ratons-laveur». Des séquences qui nous amènent à danser avec des lumières et des ombres, à scruter des visages, à deviner des silhouettes, à entendre des bruits ou des paroles que seule la nuit peut mettre en scène et nous emporter loin, très loin, de notre vie «de tout le jour».

Un film documentaire de Jean-François Lesage (2015, 63 min), musique originale de Gold Zebra.

Jean-François Lesage, réalisateur québécois, a été journaliste à la télévision de Radio-Canada. Ces derniers films sont "Un Amour d’été", Grand Prix 2015 de la Compétition nationale longs métrages des Rencontres internationales du documentaire de Montréal, et "La Rivière cachée" en 2017.

Un amour d'été ( A Summer Love), de Jean-François Lesage (bande-annonce) from Les Films du 3 mars on Vimeo.