Face à Arcimboldo

ExpositionsFace à Arcimboldo

Du 29 mai au 22 novembre 2021

Lieu(x) : Grande Nef
Catégorie : Expositions
Public : Tout âge

Adoré dans son époque, longtemps déconsidéré par les historiens de l’art, Giuseppe Arcimboldo (1526 - 1593) est une véritable icône populaire. Lors de la première rétrospective consacrée à l’artiste au Palazzo Grassi à Venise en 1987, les commissaires Pontus Hultén et Yasha David créent l’événement en l’érigeant en précurseur de la modernité, avec près de cinq siècles d’avance.

L’exposition du Centre Pompidou-Metz est pensée comme un portrait de « l’esprit d’Arcimboldo » à travers le regard d’autres artistes – pour lesquels l’influence du maître des « inventions bizarres » se révèle inconsciente ou fantasmée. Si Salvador Dalí ou André Breton sont les premiers à reconnaître l’importance de son art paradoxal et ingénieux, les réflexions traversant son œuvre continuent de résonner bien au-delà du clan surréaliste. Sa passion pour l’illusion et les rébus littéraires, sa pensée autour de la fragmentation, ses recherches sur l’anthropomorphisme et les mécanismes anamorphiques, sa manière d’animer les natures mortes ou de fusionner l’homme et le règne végétal comme animal, font de l’art d’Arcimboldo, à la fois profondément singulier et ancré dans le courant maniériste, un miroir de l’émergence de la modernité ; et un point de départ pour des recherches plus contemporaines.
Le maniérisme, alors même que le terme a pris un sens péjoratif et a souvent été dénigré par les historiens de l’art, consacre pourtant un courant de pensée collectif qui dépasse une seule époque, un seul pays ou un seul art (de Rabelais à Shakespeare, de Prague à Milan), pour mettre en avant la liberté de l’artiste, dans un grand raffinement intellectuel, qu’il est passionnant de mettre en regard des productions contemporaines.

L’exposition dévoile également les facettes moins connues de l’art d’Arcimboldo, qui oscille de la réalisation de cartons pour les vitraux de la cathédrale de Milan à la confection des décors et costumes pour les fêtes de la cour des Habsbourg, de manière à enrichir notre vision d’Arcimboldo en le présentant comme un véritable inventeur. À rebours d’une lecture de son œuvre souvent réduite à son caractère ludique ou à l’univers des cabinets de curiosités, le parcours souligne la fascination exercée par ses compositions les plus surprenantes, comme Le Bibliothécaire.

Se déployant sous la forme d’un collage arcimboldien, la déambulation invite à des rencontres inattendues entre les inventions du peintre milanais avec une sélection de quelques-unes de ses œuvres iconiques : Les Saisons du Louvre, le Printemps de Madrid, le Bibliothécaire de Suède, ainsi que le portfolio de dessins des Offices. De fragment en fragment, le visiteur fera l’expérience du cheminement intellectuel de l’artiste. Arcimboldo apparait comme un grand inspirateur, amenant une nouvelle manière de penser l’art, avec une liberté de pensée très en avance sur son temps. Un exemple pour les artistes présents dans l’exposition, sur les traces d’un esprit étonnant, parmi lesquels Pablo Picasso, Francis Bacon, Lynda Benglis, les frères Campana, Hans Peter Feldmann, Felix Gonzales-Torres, Pierre Huyghe, Zoe Leonard, Kerstin Braetsch, Mario Merz ou Francis Picabia…

L’exposition a bénéficié d’un dialogue fécond avec les historiens de l’art Patricia Falguières et Antonio Pinelli, le commissaire Yasha David et l’artiste Maurizio Cattelan.

Commissaires :
Chiara Parisi, directrice du Centre Pompidou-Metz avec Anne Horvath, chargée de recherches et d’exposition au Centre Pompidou-Metz