L'art d'apprendre. Une école des créateurs

AusstellungenL'art d'apprendre. Une école des créateurs

Du 5 février au 29 août 2022

Wo?: Galerie 3
Was?: Ausstellungen
Publikum: Alle Altersklassen

L’exposition L'art d'apprendre. Une école des créateurs aborde la question de la pédagogie depuis l’école d’art, pour ensuite basculer dans le grand bain des apprentissages que chacun.e mène tout au long de sa vie. Dans un premier temps, il s’agit donc d’observer com-ment les artistes apprennent à faire de l’art, et comment cet apprentissage, qu’il soit accompagné ou autodidacte, devient parfois une forme d’art à part entière, ainsi qu’une amorce de réflexion sur l’éducation en général. Point de départ de l’exposition, la généra-tion de Mai 68, nourrie par les lectures de Célestin Freinet, d’Alexander Sutherland Neill (Libres enfants de Summerhill, 1960), d’Ivan Illich (Une société sans école, 1970) ou de Paulo Freire (Pédagogie des opprimés, 1970), pense la formation d’abord en termes de libération et de déconditionnement.

Dans son livre collaboratif Enseigner et apprendre. Arts vivants, élaboré entre 1967 et 1970, l’artiste Fluxus Robert Filliou affirme qu’enseigner et apprendre sont des formes de performance artistique à part entière. Depuis le champ de l’art, s’élaborent ainsi des pédagogies antiacadémiques placées sous le signe de la créativité : performatives et participatives, elles se risquent à « apprendre en faisant » ; indisciplinées, elles cultivent, contre les hiérarchies, le jeu et l’interdisciplinarité ; coopératives, elles mobilisent des pratiques relationnelles et « transformationnelles » ; nomades et critiques, elles pratiquent un art de re-cherche et de l’enquête ouvert au hasard et à l’improvisation.

Si, après la Seconde Guerre mondiale, l’éducation découvre l’enseignement de masse, l’expansion de nouvelles technologies et la globalisation d’une société post-industrielle, elle garde en mémoire les principes pacifistes, anarchistes et holistiques formulés au début du XXe siècle. De ces fertiles années 1960-70 émergent des mutations cognitives, linguistiques, médiatiques et écologiques, qu’intensifient les transitions actuelles. Le « tournant éduca-tif » de l’art décrit dans les années 2010, aide à récapituler ces influences réciproques, liant les pédagogies alternatives, radicales et libertaires aux pratiques artistiques et culturelles contemporaines.

Des happenings Fluxus aux expériences de conscientisation féministes, des hypergraphies lettristes aux navigations hyperliens, de la radiotélévision scolaire à l’université vidéo rêvée par Nam June Paik, de l’enseignement mutuel aux auto-constructions de l’anti-design italien, des jardins d’enfants aux ateliers de permaculture, L’art d’apprendre parcourt de multiples modèles d’apprentissage, parfois activés au sein d’installations praticables, et offre aux visiteurs un espace de plus de 120m2 aménagé par le studio de design smarin, pour accueillir divers groupes d’usagers, formations expérimentales, scolaires et extrascolaires.

Commissariat :
Hélène Meisel, chargée de recherche / commissaire au Centre Pompidou-Metz.