Obsessions nocturnes

FilmeObsessions nocturnes

Dimanche 13 janvier à 16:00

Wo?: Auditorium Wendel
Was?: Filme
Öffentliche Preis: 5€
Gratuit pour les titulaires du PASS-M
Publikum: Alle Altersklassen

Pour cette séance un peu particulière, l'une des propositions s'échappe de la traditionnelle salle de cinéma pour devenir une installation immersive et investir le temps d'une journée le studio du Centre Pompidou-Metz. La vidéo "Tehran-Geles" d'Arash Nassiri, artiste né à Téhéran en 1986, y sera projetée en continu de 10h à 18h sur un écran monumental.

Pour réaliser cette vidéo spectaculaire, Arash Nassiri n'a filmé aucune image, il les a achetées à des banques de vidéos commerciales en ligne. Le motif choisi est la ville de Los Angeles la nuit, filmée par de longs travellings en très haute définition au drone. Les images qui en résultent donnent à la ville un caractère neutre et artificiel, comme s'il s'agissait d'une mégalopole générique. Cependant, à travers ces vues de Los Angeles, Arash Nassiri nous montre Téhéran, comme si les villes utilisaient la technique du camouflage pour se confondre. Les parties noires de l'image, vides d'information, forment une nuit peuplée de voix dispersées sur le globe qui racontent en persan leurs souvenirs de la capitale iranienne qu'ils ont du quitter. Alors que l'on s'enfonce dans les récits et les images, le doute est permis sur l'authenticité de ces vues : synthèse ou réalité ? Est-ce que cette ville existe ? Une lumière artificielle fait bientôt apparaître des néons, enseignes de boutiques en persan, parfois diffusant des messages avec humour à ceux qui les comprennent. Comme dans un collage, les villes se relient de manière surnaturelle. Tel est le pouvoir et l'ambivalence de la nuit, expérience à la fois unique et universelle.

En lien avec cette installation, une séance d'Alphaville (1965) de Jean-Luc Godard est proposée à 16h dans l'Auditorium Wendel.
Dans ce film culte de Jean-Luc Godard, ours d'or à la Berlinale 1965, Lamy Caution, célèbre agent secret, vient des Pays Extérieurs pour détruire Alphaville, une cité déshumanisée, éloignée de quelques années-lumière de la Terre. soumise au pouvoir terrifiant de l'ordinateur Alpha60. "Ce poème scintillant qui alterne le noir profond et les éclairs, est placé par Godard sous le signe de F W Murnau, de l'expressionnisme allemand et de la poésie de Cocteau et de Paul Eluard. Eddie Constantine traverse les zones interdites filmées en images négatives, comme dans Nosferatu et Orphée puis lit d'admirables fragments de Capitale de la douleur à sa bien aimée, alors que l'ordinateur tente de lui inculquer les principes de la physique et de la logique moderne." (Michel Marie)

En partenariat avec les associations Ciné Art et L'œil à l'écran

Logo CinéArt Logo Oeil a l'ecran

 

Films projettés :

Arash Nassiri, Tehran-Geles 2014 | 18’ - En continu toute la journée dans le Studio

Jean-Luc Godard, Alphaville 1965 | 99’

Alphaville : une étrange aventure de Lemmy Caution.

Un homme en trench et chapeau feutre court le long d'un couloir étroit plein de portes : Séquence de cinéma inoubliable. C'est Lemmy Caution envoyé en mission à Alphaville, à quelques années lumière de la Terre, mégalopole déshumanisée, régie par un redoutable ordinateur, Alpha 60. Faux film de série B, pauvre et magnifique, tourné dans les rues de Paris, labyrinthe de verre et béton, visions architecturales nouvelles en 1965, sublimées par les lumières nocturnes de Raoul Coutard .''C'est un film sur le futur, mais comme nous vivons dans le futur, c'est un film au futur antérieur, c'est-à-dire au présent.'' Jean-Luc Godard

Un film de Jean-Luc Godard (1965, 90 min), avec Anna Karina, Eddie Constantine, Laszlo Szabo, Jean-Louis Comolli, Howard Vernon ; image de Raoul Coutard, musique de Paul Misraki ; Lion d'or au festival de Berlin.