Air-Condition - répétition publique

Spectacles vivantsAir-Condition - répétition publique

Samedi 3 juillet 2021 à 16h

Lieu(x) : Parvis du Centre Pompidou-Metz
Catégorie : Spectacles vivants
Discipline : Danse
Tarif : Accès libre dans la limite des places disponibles
Public : Tout âge
Durée : 55'
Auteur : CCN-Ballet de Lorraine
Tomas Saraceno

En 1954, Yves Klein esquisse les débuts d’un ballet ou d’un film intitulé La Guerre. Bien qu’incomplet, il révèle des intentions musicales, visuelles et scéniques très claires, au reflet des préoccupations artistiques du moment. Sur le papier, c’était la poursuite grandiose et scénique de ses réflexions physiques et performatives sur l’immatérialité de son art.

En 2021, mettre en jeu les réflexions de Klein sur un « ballet », c’est mettre en scène l’expérience sacrée, l’héroïque et la «mystique moderne» qu’il incarnait. Nous pouvons résolument nous placer dans la même situation que Klein, dans ces premiers moments de réflexion, de grande fantaisie et d’imagination d’une création future.
AIR - CONDITION est un authentique saut dans le vide, celui qui, à travers un point de vue contemporain, entend « faire la première » de l’histoire.
Avec l’artiste contemporain Tomás Saraceno, notre désir est de nous appuyer sur la philosophie de Klein.
L’idée qu’il se fait de la danse n’est pas si surprenante. Elle est en accord avec sa pratique et ses réflexions sur l’immatériel. N’oublions pas qu’il était considéré comme un « peintre de l’espace », ce que nous pourrions qualifier de « chorégraphe ».

La danse est éphémère, ne laissant rien derrière elle une fois qu’elle a eu lieu. C’est une forme artistique en devenir permanent qui rend instantanément visible sa pensée et son processus d’élaboration. La motivation principale de Klein était d’arriver à cette expérience essentielle et, dans sa quête, il s’appuyait sur l’argument de la guerre entre la ligne et la couleur. Dans son exécution, la danse concerne l’ici et le maintenant. Sa création dépend d’une question connexe : celle du linéaire et du non linéaire. Un mouvement est-il quelque chose auquel nous pouvons, voire devons, mettre un nom, ou celui-ci peut-il également exister uniquement en tant que visualisation de l’expérience ou de la sensation ?

Si l’on admet que La Guerre est une idée utopique fondée sur la perte, le questionnement et le conflit entre raison et sensibilité, peut-être que Klein recherchait cet espace scénique encadré (raison) pour le rituel (sensibilité) de sa pratique. Une performance sensible d’interaction humaine avec le divin. A l’image de sa pratique du judo ou de ses spectacles dans lesquels le corps était utilisé comme un instrument, nous voulons voir et jouer avec la fonctionnalité de ses gestes héroïques – ce filet de sécurité qui lui a permis d’effectuer son saut dans le vide...
AIR - CONDITION regarde les aspects conjonctifs de son travail, ses forces gravitationnelles et son désir d’y mettre fin.

Danse = architecture aérienne, combine l’immatérialité inhérente à toutes les danses et les « structures aériennes », cet espace entre les corps en mouvement.
Nous rendons l’air visible à travers le réarrangement spatial perpétuel dans le « plus grand studio du monde.»

Petter Jacobsson et Thomas Caley

Librement inspiré du ballet de La Guerre (de la ligne et de la couleur) d’Yves Klein
Création le 10 février 2021 à l’Opéra national de Lorraine (Nancy)
Chorégraphie : Petter Jacobsson et Thomas Caley
Scénographie : Tomás Saraceno et les toiles cosmiques
Musique : Eliane Radigue (L’île re-sonante)
Lumière : Andrea Familari
Création costumes : Birgit Neppl
Dramaturgie : Lucie Tuma
24 danseurs