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Rencontres autour du projet


Président du Centre Pompidou

Metz a fait depuis longtemps de la politique culturelle un axe fort de son développement et fait preuve en la matière d’un remarquable dynamisme et d’une volonté sans faille.

Juin 2007

Alain Seban © Centre Pompidou. Photo Georges Meguerditchian

Que représente pour vous le Centre Pompidou ?

Le Centre a toujours beaucoup compté pour moi. En fait, il est à l’origine de mes premiers souvenirs de politique culturelle. J’avais suivi avec passion les débats qui avaient entouré sa création et son ouverture. Ensuite, j’ai fréquenté le Centre avec enthousiasme. Étudiant, j’allais souvent à la Bibliothèque publique d’information, un lieu unique à Paris. J’ai aussi été marqué par de grandes expositions : Vienne, naissance d’un siècle en 1986, Les Magiciens de la Terre en 1989, Face à l’Histoire en 1996 ou plus récemment les belles expositions Miró et Dada. Depuis quinze ans, j’ai construit mon parcours au service de la politique culturelle, jusqu’au plus haut niveau de l’État, auprès du Président de la République Jacques Chirac. Durant toutes ces années, j’ai eu la responsabilité directe de projets très concrets : le musée du quai Branly, la Fondation du patrimoine, la création de l’Etablissement public de Versailles, France 24… Le Centre Pompidou est un nouveau défi mais il n’est pas pour m’effrayer.

Comment définissez-vous sa mission ?

Je dirais que le Centre Pompidou est un défi permanent : un défi au conformisme, aux idées toutes faites, à la facilité. Un défi que symbolise l’architecture de Renzo Piano et Richard Rogers, qui reste d’une incroyable modernité. Et il faut bien sûr défendre les principes fondateurs posés par Georges Pompidou : le décloisonnement, l’interdisciplinarité, l’ouverture à tous les publics et d’abord au public populaire et aux jeunes. La vocation du Centre est la plus stimulante qui soit : porter la création la plus contemporaine au cœur des grandes interrogations de notre temps. C’est une extraordinaire machine à questionner notre époque. J’ai la conviction qu’on a absolument besoin d’institutions comme celle-ci pour donner à la culture toute la place qui lui revient dans notre société.

Quel sera votre projet pour le Centre ?

Je souhaite accorder une place centrale à la création du XXIe siècle, en mettant l’accent sur la scène française, la présentation de projets s’adressant au grand public et l’intégration de l’outil numérique. Défendre la création française est une vocation fondamentale du Centre Pompidou. Il est essentiel de défendre les artistes français. Je souhaite donc que tous les acteurs de la création française se sentent chez eux au Centre Pompidou, à Paris comme à Metz. Georges Pompidou n’a pas voulu créer un lieu élitiste, mais un lieu populaire, avec l’ambition de réconcilier les Français et la création contemporaine. Cet objectif a été largement atteint. En 30 ans le Centre Pompidou a accueilli 180 millions de visiteurs. Par sa programmation pluridisciplinaire, il a la formidable capacité de croiser tous les champs de la création. Il faut pousser l’interdisciplinarité le plus loin possible en partant des questions que tout un chacun se pose sur le monde et sur l’époque. À mon sens, c’est ainsi qu’on peut toucher un très large public : en éveillant et en stimulant la curiosité et en allant au-devant des grandes interrogations de notre temps. C’est véritablement dans cette démarche que s’inscrit la naissance du Centre Pompidou-Metz.

Quelle dimension lui donnerez-vous dans votre projet ?

Metz a fait depuis longtemps de la politique culturelle un axe fort de son développement et fait preuve en la matière d’un remarquable dynamisme et d’une volonté sans faille. À cette volonté, s’ajoute une situation géographique qui fait d’elle une ville influente en Europe aux frontières de l’Allemagne et du Benelux, ouverte vers l’Europe du Nord, au carrefour d’un axe majeur de circulations et d’échanges. Au vu de tous ces atouts, Metz s’imposait pour décentraliser le Centre Pompidou. J’ai tenu dès ma nomination à rencontrer Monsieur Jean-Marie Rausch. Nous avons eu un premier entretien en avril dernier, à la Mairie de Metz où nous avons exprimé notre enthousiasme commun pour le projet. Ce fut l’occasion pour nous de réitérer notre engagement à mener à terme la construction de ce nouveau lieu de culture et de tout mettre en œuvre pour installer son succès. Nous avons toute confiance dans le travail et la créativité tout à fait exceptionnelle de Laurent Le Bon, responsable du projet au Centre Pompidou, pour le mener à bien en faisant du Centre Pompidou-Metz un lieu phare de la création en Europe.

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