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Musicircus. Œuvres phares du Centre Pompidou

ExpositionsMusicircus. Œuvres phares du Centre Pompidou

Du 20 avril 2016 au 17 juillet 2017

Lieu(x) : Grande Nef
Catégorie : Expositions
Public : Tout âge

Dans la continuité du parcours Phares, le Centre Pompidou-Metz présente à partir du 20 avril 2016 Musicircus, explorant les liens entre arts visuels et musique à travers une quarantaine d’œuvres « phares » de la collection du Centre Pompidou, Musée national d’art moderne. 

Ce nouveau volet est inspiré de l’esprit de jubilation insufflé par la performance Musicircus, réalisée en 1967 par John Cage, qui souhaitait « rapprocher les unes des autres toutes les musiques qui sont ordinairement séparées ». L’exposition propose ainsi une relecture de l’histoire de l’art à travers le prisme musical, posant les jalons de quelques grands courants artistiques qui ont marqué l’art moderne et contemporain.
Du début du xxe siècle à nos jours, le parcours interroge la pratique d’artistes célèbres – musiciens amateurs (Vassily Kandinsky jouait du violon) ou mélomanes (Sol LeWitt possédait des centaines d’enregistrements dans sa collection) – dont l’œuvre a été influencé par la musique. Après avoir souligné le caractère primordial de la notion de rythme dans la naissance de l’abstraction, puis les concordances entre musicalité et mouvement, l’exposition évoque les correspondances entre écritures plastiques et musicales à l’aube du minimalisme.

Parmi les chefs-d’œuvre présentés à cette occasion, la toile La Noce de Marc Chagall, la reconstitution du « Salon de réception » par Vassily Kandinsky pour l’exposition de la Juryfreie Kunstschau au Glaspalast de Berlin en 1922, véritable symphonie dans l’espace, ou encore le majestueux mobile d’Alexander Calder, 31 janvier, déploient leur poésie dans la Grande Nef.

De riches ensembles documentaires – partitions, vidéos, photographies, écrits théoriques ou poétiques, dessins préparatoires, etc. – ponctuent la visite en offrant une immersion au cœur du processus créatif.

La musique qui a nourri l’imaginaire des artistes accompagne cette déambulation, invitant à composer au gré de ses envies une visite sensible. La Grande Nef devient ainsi un laboratoire de la création sous toutes ses formes, rythmé par un programme de performances et de concerts au cœur de l’exposition.

Un catalogue accompagne l’exposition.
Une ballade audioguidée enrichie de documents vidéos et sonores, ainsi qu’un jeu de pistes ludique destiné au jeune public, sont également proposés sur la nouvelle application du Centre Pompidou-Metz, inaugurée à l’occasion de l’exposition Musicircus.

Commissaires :
Emma Lavigne, Directrice du Centre Pompidou-Metz
Anne Horvath, Chargée de coordination du Pôle Programmation, Centre Pompidou-Metz

 

Retrouvez l'exposition dans "Le passage de midi" de Denisa Kerschova sur France Musique du lundi 18 au vendredi 22 avril

ARMAN (Armand Fernandez, dit)
Joseph BEUYS
Vladimir BARANOV-ROSSINÉ
George BRECHT
Earle BROWN
John CAGE
Alexander CALDER
Marc CHAGALL
Lucinda CHILDS
Robert DELAUNAY
Sonia DELAUNAY
Marcel DUCHAMP
Arnold EAGLE
Olafur ELIASSON
Oskar FISCHSINGER
Loïe FULLER
Philip GLASS
Pierre HENRY
Arthur HONEGGER
Vassily KANDINSKY
Yves KLEIN
František KUPKA
Sol LEWITT
George MACIUNAS
Babette MANGOTTE
Peter MOORE
Charlotte MOORMAN
Modeste MOUSSORGSKI
Barnett NEWMAN
Claes OLDENBURG
Nam June PAIK
Hans RICHTER
Mikhaïl RUDY
Nicolas SCHÖFFER
Arnold SCHÖNBERG
Karlheinz STOCKHAUSEN
Edgard VARÈSE
Bob WILSON
Cerith WYN EVANS
La Monte YOUNG

1. RYTHME, À LA NAISSANCE DE L’ABSTRACTION

« Autrement dit vous "entendez" la couleur et vous "voyez" le son. ». À travers ces mots, Vassily Kandinsky révèle son credo sur les étroites résonances entre les arts. Au tournant du xxe siècle, l’artiste russe expérimente la synesthésie, associant ses impressions issues de différents sens, notamment la vue et l’ouïe. Il crée ainsi un album musical, Klänge (Sonorités), où foisonnent les correspondances entre sonorités poétiques, musicales et picturales. Cette œuvre est fondamentale dans le passage progressif de la figuration à l’abstraction, dont l’élément moteur est l’introduction du rythme, c’est-à-dire du temps, dans la composition. Véritable dialogue entre les arts, Klänge témoigne des recherches sur l’œuvre d’art totale, rêve poursuivi à l’époque par Kandinsky comme nombre de ses contemporains.
La fertilité de ses réflexions synesthésiques trouve également de multiples échos dans les innovations techniques de l’époque, qui permettent l’entrée en jeu de la lumière dans la quête de visions sonores. Dans cette perspective, Vladimir Baranov-Rossiné rend visible le son grâce à la mise au point du clavecin oculaire. Les ballets lumineux déployés lors de ses concerts « optophoniques » amorcent la révolution du cinéma abstrait sonore, conduite par Oskar Fischinger dans les années 1930. Sur la voie de l'abstraction, les musiciens klezmer de Marc Chagall nous accompagnent au rythme du violon.

2. MOUVEMENT MUSICAL, TEMPO VISUEL

Les arabesques colorées de Loïe Fuller, véritables ballets optiques, constituent une source d’inspiration majeure pour de nombreux artistes qui cherchent à donner au mouvement une forme plastique concrète. Parmi eux Marcel Duchamp, qui fait tourner sur un gramophone ses Rotoreliefs. Nombre de collaborations entre compositeurs et artistes reposent par la suite sur la simple observation impliquant que tout mouvement produit nécessairement du son. Pierre Henry sonorise ainsi les sculptures de Nicolas Schöffer en composant des symphonies à partir des seuls sons produits par celles-ci. En hommage aux percussions célébrées par le compositeur Edgard Varèse, Alexander Calder imagine quant à lui des mobiles sonores à partir des chocs aléatoires provoqués par leur mise en mouvement. Les pétales de ses sculptures peuvent aussi être interprétés comme des notes de musique flottant dans l’espace, créant au gré de leur animation des partitions accidentelles. Telles les sculptures de Calder, le corps se mue lui aussi en chef d’orchestre ou en instrument de musique, au rythme des modèles enduits de peinture bleue valsant sur l’unique note de la Symphonie Monoton-Silence dirigée par Yves Klein.

3. ORCHESTRE FLUXUS AND CO.

En 1962 à Wiesbaden (Allemagne), le premier festival du groupe Fluxus est couronné par la pièce Piano Ativities de Philip Corner, où un piano est violemment détruit sous les yeux des spectateurs. Les protagonistes de ce courant expérimental de l’avant-garde envisagent la manipulation du son comme le point de départ d’un projet de création plus vaste, destiné à abolir les frontières entre les différentes catégories artistiques, entre le créateur et le spectateur, et plus poétiquement entre l’art et la vie. Fluxus est donc avant tout un état d’esprit, un espace de liberté rassemblant des artistes de toutes les nationalités, séduits par cette idée de « non-art ». Fondées sur la performance, ces pratiques invitent le public à prendre part activement à l’action. Le groupe clame haut et fort la capacité de chacun à être musicien et revendique l’introduction du bruit et du hasard au coeur de la composition musicale. La pensée Fluxus essaimera auprès des Nouveaux Réalistes ainsi que des artistes Pop, qui mettront à l’honneur des instruments de musique martyrisés, réduits au silence suite au vacarme de leur destruction. La primeur accordée au processus aléatoire de création plutôt qu’au résultat ouvrira également la voie à l’art conceptuel.

4. COMBINATOIRES ET RÉSONANCES

« Tout musicien expérimental au xxe siècle a dû se relier aux peintres. » John Cage suggère ainsi les multiples équivalences entre musique et arts visuels, dont l’une des plus fondamentales est l’avènement de l’indétermination dans la composition. La liberté nouvellement offerte à l’interprète se traduit de manière graphique par une évolution de l’écriture musicale, esquissée à travers un agencement original des notes sur la partition et l’introduction de symboles inédits. L’œuvre A=P=P=A=R=I=T=I=O=N de Cerith Wyn Evans, s’inspirant à la fois de la poésie symboliste de Stéphane Mallarmé et de la forme mobile déployée par Alexander Calder, constitue un autre exemple de correspondances fructueuses entre les arts. Sur la voie de l’épure, les compositeurs minimalistes empruntent le vocabulaire de la répétition aux artistes sériels, notamment Sol LeWitt qui élabore une écriture plastique basée sur les variations infinies de formes modulables à partir de la matrice de la grille. Apogée de ce dialogue, les collaborations scéniques Einstein on the Beach, en 1975, puis Dance, en 1979, témoignent d’un accord parfait entre scénographie, musique et danse.

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