Ce week-end, le geste se délie et s’émancipe ; les lignes s’affranchissent de la feuille et du mur et se propagent dans l’espace.
Les artistes créent sous nos yeux, jouant sur la durée et la répétition d’un même geste, mesurant l’espace et filant le temps, jusqu’à épuisement.
Tendues, dessinées ou tissées, empreintes ou traces, physiques ou métaphoriques, les œuvres surgissent, palpitent et disparaissent…
Imaginées par le 49 Nord 6 Est - Frac Lorraine et le Centre Pompidou-Metz, ces « Lignes du geste » donnent à voir et à vivre l’effervescence de jeunes créateurs d’ici et d’ailleurs. Fragiles et éphémères, les œuvres se font et se défont dans une temporalité qui leur est propre. Elles sont visibles maintenant, au cœur de l’action, au plus près du public.
Tout le long du week-end :
Et jusqu’au 17 février 2013 :
En partenariat avec le Frac Lorraine.
Edith Dekyndt,
Slow Object 04
1997
durée : 6'05''
Collection Frac Lorraine
Exploratrice des limites physiques de la matière, Edith Dekyndt se plait à provoquer la rencontre poétique entre différents éléments. Les propriétés des objets sont altérées grâce à des actions très simples. Dans cette vidéo, la main de l’artiste transforme l’objet en un dessin au trait mouvant et éphémère. En jouant des réactions des éléments au cours de ses expériences, l’artiste rend visible le caractère changeant de toute chose. Ismaïl Bahri, Ismaïl Bahri met en scène des événements simples, nés de l’observation de petites choses. Dans Dénouement, il noue un fil tiré en direction de la caméra. Ce dernier découpe le cadre en deux, composant une image très graphique, avant d’en révéler la profondeur de champ. Faisant le point à quelques centimètres de la caméra à laquelle est reliée le fil, Bahri place le spectateur à la même distance que lui par rapport au fil qu’il noue. Par ce contrepoint, cette symétrie décalée, il invite à une même position, un même regard, absorbé par les détails. Ed Pien, Née d’un amalgame d’influences issues de l’orient et de l’occident, l’œuvre d’Ed Pien est ancrée dans la pratique du dessin. Adaptée du jeu de ficelle pratiqué chez les Inuits canadiens, la manipulation des fils fait naître et disparaître une série d’images et d’histoires, en évolution permanente. Pratiqué par toutes les générations Inuits, le jeu de ficelle est un moyen d’apprentissage, par imitation de gestes, qui favorise les capacités d’abstraction. Parmi les histoires racontées, la légende de la femme tirant une autre femme par les cheveux ; un ours sortant d’une grotte… Hreinn Fridfinnsson Artiste conceptuel d’origine islandaise, Hreinn Fridfinnsson manipule dans cette vidéo de simples fils de couleur qu’il déroule et déploie, créant par les enchevêtrements successifs, des compositions éphémères et abstraites. L’artiste utilise régulièrement des matériaux trouvés et banals qu’il sublime par de petites actions poétiques. Ici, le mouvement de la main, entre danse et écriture, imprime de manière évanescente son délié à des fils qui se font lignes dessinées. | Ann Carlson and Mary Ellen Strom, Quatre hommes, munis de planches de bois, dessinent des sillons sur une plage. Ces lignes éphémères et continues s’effacent progressivement avec le flux et reflux de la mer. Cette vidéo, fruit de la collaboration entre la chorégraphe Ann Carlson et l’artiste Mary Ellen Strom, évoque une œuvre célèbre de l’artiste américain Walter de Maria, (Mile Long Drawing, 1968; Mojave Desert, CA), mais elle bascule dans un registre social et politique. Les quatre hommes, tous immigrants, ont été engagés pour réaliser cette performance, faisant ainsi glisser le geste dans le champ du labeur, l’action dans l’univers du travail journalier. David Brognon (The Plug) & Stéphanie Rollin, Un jeune garçon accroupi dans une pièce sombre, tente de maintenir des lignes de sel dessinées au sol, dans la lumière du jour qui entre par la fenêtre. S’engage alors une course contre le temps, rythmée par le mouvement permanent du soleil dans la pièce. Le garçon refait méthodiquement les mêmes gestes, tentant avec l’aide d’une règle de maintenir toujours ces lignes dans le rai de lumière. Les gestes appliqués et répétitifs de cette tâche s’avèrent vains car la course du temps l’emporte sur l’intention. |