Un homme et une femme se rencontrent dans un hôtel luxueux. Elle semble ne pas se souvenir de leur liaison, l’année dernière à Marienbad. Il s’efforce de la persuader, qu’un an auparavant, elle lui a promis de partir avec lui. Tantôt dans les salons de l’hôtel, tantôt dans le parc, tantôt dans la chambre de la jeune femme, il sera là, insistant, persuasif, inquiétant. La scène se répète, il devra redoubler d’efforts pour tenter de faire resurgir ses souvenirs.

Resnais ébauche là une toile des thèmes qui seront les siens comme l’angoisse de l’oubli. Il retrouve également l’occasion,  après Hiroshima mon amour, de remettre en question l’un des éléments considérés comme habituellement acquis dans la lecture d’un film : le temps. L’expérience de Resnais sur le temps est ici poussée à son paroxysme, puisque sous les apparences d’un retour banal vers le passé, la chronologie des évènements est en fait totalement bouleversée. La trame narrative s’efface, déstructurée et atemporelle, pour faire place à un travail esthétique sur les plans. Usant d’une nouvelle forme d’expression cinématographique, libérée des carcans de la représentation traditionnelle, Resnais élabore une mise en scène somptueuse, jouant sur les éclairages et la composition des cadrages.

Avec Delphine SEYRIG, Giorgio ALBERTAZZI et Sacha PITOËFF.
Film réalisé en 1961 sur un scénario du romancier Alain Robbe-Grillet, l’année dernière à Marienbad remporte le lion d’or de la Mostra de Venise.

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