« L’année dernière à Marienbad »

Film« L’année dernière à Marienbad »

Samedi 21 janvier 2012 à 16h

Locations : Auditorium Wendel
Category : Film
Discipline : Film
Public price : 5€ - Un billet acheté = un billet offert sur place pour la séance de "Je t'aime, je t'aime", "Smoking" ou "No smoking".
Public : All ages
Duration : 94 min
Author : Alain Resnais

Un homme et une femme se rencontrent dans un hôtel luxueux. Elle semble ne pas se souvenir de leur liaison, l’année dernière à Marienbad. Il s’efforce de la persuader, qu’un an auparavant, elle lui a promis de partir avec lui. Tantôt dans les salons de l’hôtel, tantôt dans le parc, tantôt dans la chambre de la jeune femme, il sera là, insistant, persuasif, inquiétant. La scène se répète, il devra redoubler d’efforts pour tenter de faire resurgir ses souvenirs.

Resnais ébauche là une toile des thèmes qui seront les siens comme l’angoisse de l’oubli. Il retrouve également l’occasion,  après Hiroshima mon amour, de remettre en question l’un des éléments considérés comme habituellement acquis dans la lecture d’un film : le temps. L’expérience de Resnais sur le temps est ici poussée à son paroxysme, puisque sous les apparences d’un retour banal vers le passé, la chronologie des évènements est en fait totalement bouleversée. La trame narrative s’efface, déstructurée et atemporelle, pour faire place à un travail esthétique sur les plans. Usant d’une nouvelle forme d’expression cinématographique, libérée des carcans de la représentation traditionnelle, Resnais élabore une mise en scène somptueuse, jouant sur les éclairages et la composition des cadrages.

Avec Delphine SEYRIG, Giorgio ALBERTAZZI et Sacha PITOËFF.
Film réalisé en 1961 sur un scénario du romancier Alain Robbe-Grillet, l’année dernière à Marienbad remporte le lion d’or de la Mostra de Venise.

Extrait

Né le 3 juin 1922 à Vannes. A 14 ans, Alain Resnais tourne ses premiers films avec une caméra 8 mm. Il commence sa carrière en tournant de nombreux courts-métrages qui manifestent sa passion pour les arts – Van Gogh (1948), Guernica (1950) – et montrent une grande modernité de l’approche formelle, en particulier dans le montage. Cinéaste engagé, les thèmes de la guerre et de la politique sont très présents dans ses premières œuvres : il réalise Nuit et Brouillard (1955) revenant sur la déportation des Juifs, Muriel ou le temps d’un retour (1963) sur la guerre d’Algérie et La guerre est finie (1966) sur la guerre civile espagnole. En 1959, il réalise son premier long métrage Hiroshima mon amour. Puis son engagement à gauche ne prendra plus cette forme aussi directe et le cinéaste va se nourrir des autres formes d’art. Il s’essaie à la science-fiction avec Je t’aime, je t’aime (1968) mais privilégie la comédie avec Smoking/ No smoking (1993), en utilisant une manière de travailler avec les acteurs proche de celle du théâtre. Il s’essaie également au film chorale avec On connaît la chanson (1997), son plus grand succès public et césar du meilleur film, ou encore avec  Pas sur la bouche (2003) et Cœurs (2006). Son avant-dernier film, Les Herbes Folles (2009) lui vaut le prix exceptionnel du festival de Cannes. Son dernier film Vous n’avez encore rien vu est sorti en 2011.