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Archives au présent

Rencontres / conférencesArchives au présent

Vendredi 24 et samedi 25 octobre de 9:30 à 18:00

Lieu(x) : Auditorium Wendel
Catégorie : Rencontres / conférences
Discipline : Symposium
Tarif : Entrée libre
Public : Adultes
Auteur : LABEX Arts H2H
  Laboratoire d'excellence des arts et médiations humaines

Dans les conditions nouvelles de « la vie enregistrée », le travail avec et sur les archives est devenu la condition de la plupart des pratiques humaines. À partir de l’archive s’établissent en particulier des gestes artistiques adoptant reprises, remplois de documents existants, passages entre réalité et fiction. Ce qui se joue ici dans les arts contemporains et leur exposition relève autant de l’histoire que de l’art : l’archive est-elle en passe de devenir un nouveau genre artistique, voire un nouveau médium ?
Le colloque Archives au présent propose un dialogue entre artistes, curateurs et historiens autour de la problématique du « travail d’archives » tel qu’il est conduit par les uns et les autres.

Le colloque Archives au présent est organisé par Catherine Perret, Soko Phay, Patrick Nardin, membres du Laboratoire « Art des images et art contemporain » (AIAC), Université Paris 8, ainsi que par Anna Seiderer, postdoctorante pour le projet Labex Arts H2H « Archives au présent », en partenariat avec le Labex Arts H2H, le Centre Pompidou-Metz, Faux Mouvement, Centre d’art contemporain.


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Dans les conditions nouvelles de “la vie enregistrée”, de la vie devenue inséparable de son enregistrement et de sa transmission en temps réel, le travail avec et sur les archives est devenu la condition de la plupart des pratiques humaines. Ainsi la fièvre archivistique qui s’empare des arts contemporains n’a rien de surprenant. Elle n'en interroge pas moins les acteurs et les observateurs de ces pratiques. L’ « archive » est-elle en passe de devenir un nouveau genre artistique, voire un nouveau medium, comme le furent en leur temps, le ready-made et l’exposition ? Au risque d’entraîner, comme le firent ready-made et exposition, de nouveaux formalismes.
Que l’on songe à Marcel Duchamp (les Boîtes-en-valise), à Marcel Broodthaers (Le département des Aigles), ou à Gerhardt Richter (Atlas), il est manifeste que les pratiques d’archives dans l’art moderne relèvent d’une inquiétude face à l’enregistrement historicisant des objets artistiques, et de la volonté des artistes de s’affirmer « comme artistes » face à l’archivage de leurs œuvres par les institutions académiques et muséographiques. Il s’agit pour eux d’anticiper sur l’archivage à venir de leurs travaux et de proposer d’autres manières d’écrire l’histoire non seulement de leurs oeuvres, mais plus généralement de l’art. Dans cette perspective, ces artistes interposent entre l’enregistrement matériel des choses et l’institution symbolique des œuvres des dispositifs d’inscription qui excluent que l’un vaille pour l’autre, qu’enregistrement vaille institution. Ils restituent à ce qu’ils font le statut d’archives au sens historien du terme : d’archives non encore validées.
Ces tentatives se poursuivent jusqu’à aujourd’hui. Les artistes sont en quête de dispositifs d’archivages qui fassent obstacle à leur institution. Ils montrent ainsi que ce qui se joue dans les arts contemporains et dans les expositions d’arts contemporains relève autant de l’histoire que de l’art.

VENDREDI 24 OCTOBRE 2014

Matinée

Présidente de séance : Soko Phay, maître de conférences à l’Université Paris 8
10h00-10h30 : Ouverture
10h45-11h15 : Patrick Nardin Ishiro Sueoka, l’archive indigne
11h30-12h00 : Olivier Lussac Archives de la performance
12h15-12h45 : Jean-Philippe Antoine et Mikael Levin Gowanus Broadside. Le piquant du fantôme au présent

Après-midi

Présidente de séance : Anna Seiderer, postdoctorante du projet Labex « Archives au Présent » et chargée de cours à l’Université Paris 8
14h30-15h00 : Christian Joschke L’artiste en historien de la vie privée. Le retour de la forme album dans l’art contemporain
15h15-15h45 : Catherine Perret et Alexander Schellow La biographie au risque de l’archive
16h00-16h30 : Laurent Veray La cicatrice. Une famille dans la Grande Guerre
17h00-18h00 / Discussion générale
19h00 : Vernissage de l’exposition Travail d’archives à Faux Mouvement

 

SAMEDI 25 OCTOBRE 2014

Matinée

Président de séance : Patrick Nardin, maître de conférences à l’Université Paris 8, artiste et théoricien
9h30-10h00 : Pierre Leguillon Dubuffet typographe
10h15-10h45 : Christa Blümlinger Monter l’archive !
11h15-11h45 : Christophe Domino et Jean-Marie Dallet Une archive active pour L'institut pour l'abolition de la guerre
12h00-12h30 : Discussion générale

Après-midi

Présidente de séance : Catherine Perret, professeur à l’Université Paris 8
14h00-14h30 : Françoise Vergès Archives de la catastrophe et pratiques artistiques : des artistes revisitent l’esclavage et le colonialisme
14h45-15h15 : Soko Phay L’archive manquante
15h30-16h00 : Anna Seiderer Pérégrinations d’un télex, une archive coloniale en question
16h15-16h45 : Elisabeth Caillet et Amina Menia Landowski, Issiakhem et moi
17h00-18h00 : Discussion générale

Travail d’archives

Centre d'art contemporain Faux Mouvement

24 octobre 2014 - 23 février 2015
Renaud Auguste-Dormeuil, Didier Bay, Gérard Collin-Thiébaut, On Kawara, Mikael Levin, Stephen Marsden, Amina Menia, Nicolas Pinier, Alexander Schellow, Ishiro Sueoka

Vernissage : vendredi 24 octobre 19h00
À partir de l’archive, s’établissent des gestes artistiques adoptant reprises, remplois de documents existants, passages entre réalité et fiction. Objets, films, photographies, enregistrements sonores, deviennent des éléments ouverts à toute forme de révision, formelle ou signifiante. L'archive remontée, transformée, déplacée, échappe à son destin patrimonial, pour refonder une nouvelle actualité. L'exposition Travail d'archives explore les processus qui conduisent de l’archive à l’œuvre, c’est-à-dire la manière dont l’archive devient par elle-même opératrice d’ « œuvres ». Ce devenir-art des archives, tel qu’il peut apparaître dans le champ de l’art contemporain, éveille des approches singulières de la mémoire, mais ouvre également à d’autres perceptions du présent.

Faux Mouvement
4, rue du Change (Place St Louis)
BP 4131
57 041 METZ CEDEX 1

Renseignements :
03 87 37 38 29
contact@faux-mouvement.com
www.faux-mouvement.com

Ouverture :
mercredi au samedi - 14h à 19h
dimanche - 15h à 18h
et sur rendez-vous
fermé du 22 décembre 2014 au 6 janvier 2015

Jean-Philippe Antoine, philosophe, artiste, enseigne l’esthétique et la théorie de l’Art contemporain au département d’Arts plastiques de l’Université Paris 8. Il a publié notamment La traversée du XXe siècle. Joseph Beuys, l’image et le souvenir (MAMCO/Presses du Réel, 2011) et Marcel Broodthaers. Moule, Muse, Méduse (Presses du Réel, 2006). Plasticien, il mène des travaux sur des supports multiples : peintures, constructions, installations, performances sonores et conférences (dont Conférences avec lieu de travail, Faux-Mouvement, Metz, 2013). Il a publié chez Firework Edition Records Nouvelles musiques anciennes (2011) et en collaboration avec Leif Elggren, Live at Le69 (2014). « Justgottaletthisthing » est sa deuxième réalisation pour Mikael Levin, après la musique de « Inside Looking In » (2012).

Elisabeth Caillet est expert en médiation culturelle. Elle participe à la conception des missions locales pour l’emploi des jeunes avec Bertrand Schwartz. Puis elle participe à la conception des actions de formation, aux Classes Villette et au Passage des Métiers de la Cité des Sciences et de l’Industrie. Elle travaille ensuite au ministère de la Culture à la professionnalisation des acteurs du monde de la culture. Elle développe enfin, au musée de l’Homme, le projet Anthroponet, plateforme collaborative pour les professionnels de la recherche et de l’exposition. À publié À l’approche du musée ; la médiation culturelle (PUL, 1995), Accompagner les publics, la médiation culturelle (L’Harmattan, 2007). Membre de l’ICOM. Elle est aujourd’hui membre du comité scientifique de la Fondation Thuram, Education contre le racisme et secrétaire générale de l’association des amis du Musée-jardin Paul Landowski. À ce titre elle a édité avec Juliette Singer les actes du colloque Paul Landowski et la commande publique (L’Harmattan, 2014).

Christa Blümlinger est professeure en études cinématographiques à l'Université Paris 8. Parmi ses nombreuses publications, elle a dirigé, seule ou en collaboration, plusieurs ouvrages collectifs en allemand et en français sur l'esthétique du cinéma, le film d'essai et l'art des nouveaux média ainsi que sur des régimes filmiques et artistiques de mémoire. Elle co-dirige actuellement un projet sur le geste filmé (au sein du Labex Arts H2H) et le groupe de recherche inter-universitaire « Théâtres de la Mémoire ». En français, elle a notamment édité et introduit des textes choisis de Harun Farocki, Reconnaître et poursuivre (THTY, 2002), publié Cinéma de seconde main. Esthétique du remploi dans l'art du film et des nouveaux média, chez Klincksieck, Paris, 2013 (paru en l’allemand en 2009) et dirigé « Attrait de l’archive », Cinémas, vol. 24, no 2-3, 2014.

Pierre Leguillon est né en 1969 à Nogent-sur-Marne (France), vit et travaille à Bruxelles. Ses œuvres, performances et projections ont bénéficié de plusieurs présentations monographiques, notamment à Raven Row (Londres, Angleterre, 2011), au Mamco (Genève, Suisse, 2010), au Moderna Museet (Malmö, Suède, 2010), au Musée du Louvre (Paris, France, 2009), ou encore à Artists Space (New York, USA, 2009). Plus récemment, il a participé au Carnegie International à Pittsburgh, en 2013, avec deux installations : « A Vivarium for George E. Ohr » et « Dubuffet typographe », ce dernier projet étant accompagné d’un livre publié aux éditions (SIC), à Bruxelles. Le Wiels, à Bruxelles, lui consacre une exposition personnelle à partir de janvier 2015 : « Le Musée des erreurs : Art contemporain et lutte des classes ». Lauréat de la Villa Médicis en 2003, Pierre Leguillon enseigne à la HEAD, Haute Ecole d’Art et de Design de Genève.

Olivier Lussac est professeur et enseigne l'esthétique et les arts contemporains à l'Université de Lorraine où il est directeur du département Arts. Il a publié deux ouvrages : Happening & Fluxus (L'Harmattan, 2004, Prix « Coup de coeur » de l'Académie Charles Cros) et Fluxus et la musique (2010, Les Presses du réel). Depuis 2008, il travaille sur des archives de la performance (www.artperformance.org). Récentes publications (sur la performance) : « Corps, performance, fiction », Revue Mobile Album International, n° 3, Besançon, Les Presses du réel, revue bilingue anglais/français, numéro spécial : « Performance » (octobre 2014). « Performance et médiatisation », colloque Archive vivante. Théâtre, danse, performance, 25-26 octobre 2012, Université Paris 7-Paris Diderot, sous la direction d'Evelyne Grossman et d'Isabelle Barbéris (janvier 2015, Presses Universitaires de Rennes).

Christophe Domino est critique d'art, commissaire d'exposition et enseignant-chercheur à l'École supérieure des beaux-arts TALM (Tours Angers Le Mans), site du Mans. Il est responsable de Grande Image lab, laboratoire de recherche en art orienté art public, projections et dispositifs multimédia. GI Lab est partenaire de CoSiMa -programme ANR 2013-2017 avec l'IRCAM, l'ENSAD et alii).

Jean-Marie Dallet est artiste et enseignant-chercheur. Il est maître de conférences à l'Université Paris 8. Il est le responsable scientifique du laboratoire SLIDERS_lab (EESI, Poitiers) avec Frédéric Curien. Il expose en France et à l'étranger. Son travail théorique et plastique interroge les questions fondamentales de l'interactivité et de ses figures. Grande Image lab et SLIDERS_lab ont déjà collaboré à plusieurs reprises.

Christian Joschke est maître de conférences à l'Université Paris Ouest Nanterre La Défense et chargé de cours à l'Université de Genève. Il a été assistant du Pr. Hans Belting au Collège de France en 2003, puis a enseigné l'histoire de l'art comme attaché temporaire d'enseignement et de recherche à l'Université Marc Bloch de Strasbourg. Il a occupé les postes de maître de conférences à l'Université Lumière Lyon 2 de 2007 à 2012 et de Professeur suppléant à l'Université de Lausanne en 2009 et 2010. Il a été reçu comme fellow dans plusieurs instituts de recherche, notamment le Centre Marc Bloch (Berlin), l'Institut National d'Histoire de l'Art (Paris) et l'Internationales Forschungsinstitut Kulturwissenschaften (Vienne). Il a publié récemment Les yeux de la nation. Photographie amateur dans l'Allemagne de Guillaume II, Dijon, Les presses du réel, 2013.

Mikael Levin(né en 1954) est un artiste franco-américain. Il vit à New York. Ses projets traitent souvent de la représentation du lieu dans le paysage et la mémoire et de la relation entre mémoire privée et mémoire publique (War Story, Cristina’s History). Son travail a été largement exposé en Europe et aux États-Unis. Ses œuvres sont présentes dans plusieurs collections dont le Whitney Museum of American Art, le Metropolitan Museum of New York, l’International Center of Photography (New York), le Fonds National d’Art Contemporain et la Bibliothèque Nationale (Paris). Il est représenté en France par la galerie Gilles Peyroulet & Cie. Plus d'informations sur son site internet : mikaellevin.com

Amina Menia est une artiste multimédia qui vit et travaille à Alger (Algérie). Son travail interroge notre rapport à l’architecture et à l’Histoire. Ses installations, sculptures ou photographies, fondées sur une esthétique relationnelle, favorisent l’échange, l’interaction et sondent nos rapports quotidiens à travers ce qu’elle nomme les « nouvelles pratiques urbaines ». Avec une préférence certaine pour l’in-situ, son travail s’appréhende comme une invitation à réévaluer notre compréhension du patrimoine et à déconstruire notre conception de la beauté en défiant les notions conventionnelles de l’espace d’exposition. Elle a exposé notamment au Musée d’Art Moderne d’Alger (MAMA), au Musée d’Art Contemporain de Marseille, au Musée National de Carthage (Tunisie), à la Royal Hibernian Academy (Dublin) et au Museum of African Design de Johannesburg (Afrique du Sud). Elle a pris part aux Biennales de Sharjah et de Dakar et expose actuellement à la Triennale de Folkestone 2014.

Patrick Nardin est maître de conférences en arts plastiques à l’Université Paris 8, artiste et théoricien. Son travail plastique et théorique s’attache aux problématiques de l'image en mouvement dans le champ de l'art contemporain, en particulier l'exploitation de techniques obsolètes et leur confrontation aux nouveaux médias. Il est également Président et co-fondateur du Centre d'art contemporain Faux Mouvement. Parmi ses textes les plus récents : Un cinéma en pièces détachées, in Esthétiques de l’écran, (dir. E. Bonnet 2013), La dissipation du contour, in Les frontières du flou (dir. P. Martin, 2014), Images brûlées, la poésie du reste / une pornographie floue in Les frontières du flou au cinéma (2014), Voir à Travers, de von Sternberg à Cécile Bart, in Frontière-vitrine-écran (dir. F. Soulages, 2014). À paraître, un essai : Effacer-Défaire-Dérégler, 2015.

Catherine Perret est professeur d’esthétique et de théorie de l’art à l’Université Paris 8. Elle a été de 1995 à 2001 Directrice de programme au Collège International de Philosophie. Parmi ses ouvrages récents : Walter Benjamin sans destin, Paris, La Différence, coll. « Mobile Matière », 1992, rééd. revue et augmentée d'une préface, Bruxelles, La Lettre volée, 2007. Les porteurs d'ombre, mimésis et modernité, Paris, Belin, coll. « L'extrême contemporain », 2002. Olivier Mosset. La peinture, même, éd. Ides et Calendes, Lausanne, 2004. L'art contemporain et son exposition (en collaboration avec Elizabeth Caillet), T. 1 et 2, Paris, L'Harmattan, coll. « Patrimoines et sociétés », 2007. « Politique de l’archive et Rhétorique des images. La guerre trouve toujours un moyen (Harun Farocki) », Critique, numéro spécial Art Contemporain, Paris, Minuit, été 2010. « Ciné-archives ou la mémoire cinéma » in Montrer les violences de guerre, dir. A. Becker et O. Dubary, Paris, éd. de la Maison des sciences de l’Homme, 2012 ; trad. espagnole « Cine-archivos o la memoria-cine », Imago Critica, Revista da anthopologica e communicacion, Barcelona, avril 2010. L'enseignement de la torture, Réflexions sur Jean Améry, Paris, Seuil, La librairie du XXIème siècle, 2013.— « L’idée de "liminalité" dans la performance », Colloque international TPP. «héâtre, Performance et Philosophie », Université Sorbonne-Panthéon Paris 1, 27-29 juin 2014, dir. Flore Garcin Marrou, (2015, éd. L'Entretemps).

Soko Phay est maître de conférences - HDR en histoire et théorie de l’art contemporain à l’Université Paris 8. Elle a consacré plusieurs articles et a dirigé des ouvrages collectifs sur l’esthétique du miroir dans l’art contemporain et sur les relations entre arts et crimes de masse. Elle est également commissaire de plusieurs expositions dont Beyond Narcissus (Dorsky Gallery, New York, 2005), Les Ateliers de la mémoire (Phnom Penh et Battambang 2009-2010, Paris 2010-2011), Cambodia, The Memory Workshop: Artworks by Vann Nath, Séra, and Emerging Cambodian Artists (Université Columbia, New York, 2013). Publications récentes : Cambodge, l’atelier de la mémoire, Ed. Sonleuk Thmey / Bophana Productions, 2010 (livre et DVD trilingue français/anglais/khmer), Cambodge, le génocide effacé (avec Pierre Bayard), Nantes, Cécile Défaut, 2013, « Un génocide sans images ? La peinture de Vann Nath face à l’aveuglement », in Emmanuel Elloa et Stefan Kristensen (dir.), Témoignage et survivance, Genève, MetisPresse, 2014.

Alexander Schellow (né en 1974) est artiste, il vit et travaille entre Bruxelles, Berlin et Cologne. Il s’intéresse aux liens qui articulent l’espace, la perception et l’action/l’agir qu’il explore dans sa recherche aux frontières du champ artistique et scientifique. Depuis 1999, il développe une pratique continue de reconstruction de la mémoire par le dessin et l’animation. Depuis 2007, il enseigne régulièrement dans des universités à Londres, Anvers, Zürich et Bruxelles où il actuellement chargé de cours à l’ERG. Il fut par ailleurs résident au Schloss Solitude et Senior Fellow au Zukunftskolleg de l’université de Constance (DE) de 2010 à 2012. Il a entre autre réalisé : STORYBOARD, série en cours de 7000 dessins, depuis 2001 | TIRANA, documentaire animé, 2013 | OHNE TITEL, animation, depuis 2007 | OHNE TITEL (SHE), documentaire animé, depuis 2013.

Anna Seiderer est postdoctorante du projet Labex « Archives au Présent » et chargée de cours à l’Université Paris 8. Elle a fait une thèse d’esthétique sur le concept de transmission à l’oeuvre dans les musées postcoloniaux au Bénin et coordonné pendant cinq ans le projet européen Ethnography Museums and World Cultures. Elle a été commissaire de l’exposition itinérante Modernité Fétiche et travaille aujourd’hui étroitement avec des artistes contemporains qui réinvestissent des archives coloniales et postcoloniales. Elle a publié entre autres : « Unique copy » in Géo-Graphics, a map of art practices in Africa, past and present, dir. A-M Bouttiaux and K. Kouoh, Centre for Fine Arts, Brussels, 2010 ; « Eros civilisateurreprésentations idéales et pratiques de la transmission » in Cahiers philosophiques n°124, SCEREN (CNDP-CRDP), Paris, 2011 ; Fetish Modernity dir. A-M Bouttiaux et A. Seiderer, Tervuren : MRAC, 2011 ; La Critique postcoloniale en acte. Les musées d’ethnographie contemporains sous le prisme des études postcoloniales, Tervuren, Musée royal de l’Afrique centrale, 2014.

Laurent Véray, professeur à l'Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3, est historien du cinéma, spécialiste de la période 1914-1918 et du cinéma français de l’entre-deux-guerres. Ces travaux portent également sur les écritures audiovisuelles de l'histoire et la problématique de la reprise des images et des nouveaux usages des archives. Il a été président de l'Association française de recherche sur l’histoire du cinéma (AFRHC) de 2005 à 2010 et, depuis 2009, il est directeur artistique du festival du film de Compiègne. Il a publié, entre autres, La Grande Guerre au cinéma. De la gloire à la mémoire (Ramsay, 2008) et Les images d'archives face à l'histoire (Scérén/CNDP, 2011). Il a aussi dirigé ou co-dirigé plusieurs ouvrages collectifs, notamment Marcel L'Herbier. L'art du cinéma (AFRHC, 2007), et avec David Lescot, Les Mises en scène de la guerre au XXe siècle. Théâtre et cinéma (Nouveau Monde édition, 2011). Par ailleurs, il a réalisé plusieurs films ou installations vidéo sur la Première Guerre mondiale : L'Héroïque cinématographe (2003), En Somme (2006), Théâtres de guerre-1917 (2012) et récemment, pour France Télévisions, La cicatrice. Une famille dans la Grande Guerre.

Françoise Vergès est Chaire Global South(s) au Collège d’études mondiales, Paris. Elle a publié de nombreux ouvrages et articles en français et en anglais sur les mémoires de l’esclavage, Frantz Fanon, Aimé Césaire, l’empire colonial, le musée postcolonial, et les processus de créolisation dans les mondes de l’Océan indien. Parmi ses dernières publications : “A Sound Like A Rumor” in Kader Attia. Transformations, 2014; Les armes miraculeuses, 2014; Exposer l’esclavage : méthodologies et pratiques, 2013. Elle est aussi auteur de films et commissaire d’expositions.